Epicure - Dictionnaire d’éthique et de philosophie morale (1996) & Article de J.-M. Guyau (1878)
Epicure - Dictionnaire d’éthique et de philosophie morale - André Laks (1996)
Résumé abrégé par César Valentine
© César Valentine, 2021. Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation.
Épicure (342-271 av. J.-C.), philosophe grec qui fonda à Athènes son école du Jardin, a développé une éthique centrée sur le plaisir compris comme absence de douleur (aponia) et tranquillité de l’âme (ataraxia). Puisque notre seul critère est le corps, le plaisir et la douleur sont nos seuls guides : il faut donc classer les désirs et connaître les plaisirs pour discerner ceux qui conduisent réellement au bonheur. Les désirs naturels et nécessaires doivent être satisfaits, les désirs naturels mais non nécessaires évalués avec prudence, et les désirs vides écartés. Cette vigilance, soutenue par l’amitié, la justice et les vertus, assure la sérénité individuelle et la paix sociale. Enfin, grâce à son atomisme indéterministe et à sa critique du destin, Épicure fonde une liberté humaine capable de dissiper les peurs religieuses et d’assurer une vie heureuse, autonome et responsable.
Vie
- Né en 342 avant J.-C. sur l’île de Samos où son père, colon athénien, s’était installé.
- Initié jeune à la philosophie par un platonicien, puis il étudie avec le démocritéen Nausiphane avec qui il a dû découvrir l’atomisme (doctrine selon laquelle tout est composé d’atomes et de vide).
- En 296 il revient à Athènes, il acquiert une petite propriété qui deviendra « Le Jardin », école de philosophie et véritable communauté fondée sur l’idéal d’amitié.
- Il meurt en 271 à 71 ans dans de terribles souffrances, mais il laisse une lettre en disant qu’il est, malgré les souffrances, bienheureux.
Le plaisir : la fin de nos actions
- Toutes nos actions sont conduites en vue d’une fin ultime : le Plaisir.
- « Le bonheur est la seule fin que nous choisissons pour elle-même » (Aristote).
- Cependant, c’est un eudémonisme de type hédoniste. Cela pose donc problème.
- L’épicurisme doit donc définir le concept de plaisir.
- Nous n’avons pas à craindre les dieux qui ne s’intéressent pas à nous, ni craindre la mort qui n’est qu’une perte de sensibilité.
- La seule chose réelle, c’est le plaisir : absence de douleur et de troubles de l’âme.
- La seule chose réelle, c’est le plaisir : absence de douleur et de troubles de l’âme.
Désirs
Étant donné que notre seul critère est le corps lui-même, le plaisir et la douleur sont nos seuls guides. Nous devons donc être vigilants et examiner avec prudence quels désirs suivre. Épicure organise ainsi une hiérarchie des désirs, car tous ne conduisent pas au même plaisir, surtout sur le long terme. Certains désirs, bien qu’ils paraissent promettre du plaisir, apportent en réalité de la souffrance ou du trouble.
Tripartition des désirs :
- Désirs naturels et nécessaires
- Ils sont l’instrument d’obtention d’une fin légitime : bonheur, vie, bien-être corporel.
- Ex. Désir de boire satisfait par l’eau. En buvant, je supprime la douleur de la soif.
- Désirs naturels non nécessaires
- Varie le plaisir sans supprimer de douleur.
- Ex. Désir de plats raffinés.
- Désirs ni naturels ni nécessaires
- Ce sont des désirs vides : ils sont le produit d’une simple opinion.
- Ils ne peuvent pas être satisfaits.
- Ex. : « couronnes », « érections de statues à sa gloire », insignes de gloire. Richesses.
- Risque de fixation obsessionnelle.
- Les désirs naturels et nécessaires
- Ils doivent être satisfaits.
- Les désirs naturels et non nécessaires
- Ils doivent être évalués avec prudence : la limite est le dommage qu’ils peuvent entraîner pour soi et les autres.
- La conséquence la plus dangereuse de la satisfaction de ces désirs, c’est leur transformation sous l’effet de l’accoutumance en désirs vides. Il faut donc faire un calcul pour savoir s'il est bon ou mauvais de les satisfaire.
- Les désirs ni naturels ni nécessaires
- Ce sont des désirs vides.
- Ils doivent être éradiqués car ils sont impossibles à satisfaire : poursuite désespérée (exemple : passion amoureuse, désir de gloire).
Plaisirs
Puisqu'il y a une hiérarchie des désirs, il faut aussi une théorie précise des plaisirs. Il faut bien les plaisirs et savoir les distinguer. C’est particulièrement important pour les désirs naturels mais non nécessaires : dangereux, ils peuvent, par accoutumance, se transformer en désirs vides. Il faut donc effectuer un calcul attentif pour juger s’il est bon ou mauvais de les satisfaire.
- Il y a des plaisirs en mouvement (cinétiques) opposés à des plaisirs stables (catastématiques).
- Opposition aussi entre le plaisir maximum et les plaisirs de la simple « variation ».
- Le plaisir se présente sous deux aspects : quantitatif et qualitatif.
- En tant que « quantum » (quantité déterminée), le plaisir possède une limite.
- Donc la satisfaction d’un désir nécessaire procure le plaisir maximum (≠ Platon).
- Donc la fin de nos actions peut être définie en termes négatifs.
- Le plaisir maximum du corps est celui qui supprime la douleur. Cet état est appelé « aponia » (absence totale de douleur corporelle).
L’aponia a trois composantes :
- Ne pas avoir faim.
- Ne pas avoir soif.
- Ne pas avoir froid.
- Le plus grand plaisir de l’âme est celui qui supprime la tourmente.
- Cet état est appelé Ataraxia (sérénité parfaite de l’âme).
- Les angoisses se distinguent des douleurs du corps, car elles sont dépourvues de fondements objectifs : elles sont le produit de conceptions fausses.
- Les quatre domaines qui alimentent nos angoisses :
- Les dieux (dont nous n’avons ni à espérer, ni à craindre l’intervention).
- La mort (simple privation de la sensibilité).
- Le plaisir (possède une limite).
- La douleur (possède une limite : la mort, l’évanouissement).
- La physique épicurienne a pour fonction de fournir les remèdes : le quadruple remède (Tetrapharmakon)
- Ne pas craindre les dieux.
- Ne pas craindre la mort.
- Comprendre que le plaisir est accessible.
- Comprendre que la douleur est supportable.
- En tant que remède, la physique épicurienne est un plaisir nécessaire.
- Objection : que la mort soit privation de la sensibilité n’implique pas qu’elle soit « rien pour nous », car on peut avoir des responsabilités à l’égard des autres.
- La disparition de la douleur fait place à un état positif de contentement : « satisfaction » qu’Épicure décrit comme « santé », « bien-être », « sérénité ».
- Il n’y a pas d’état médian entre le plaisir et la douleur.
Bonheur
- Le bonheur ne résulte pas du simple cumul des plaisirs corporels et psychiques.
- Les deux sont dépendants et asymétriques.
- Supériorité des plaisirs de l’âme sur les plaisirs du corps : cette supériorité est d’ordre quantitatif, car les affections du corps sont limitées au moment présent, alors que l’âme embrasse le passé et l’avenir.
- Les fausses opinions sur la mort et les incertitudes pesant sur l’avenir sont pires que la plus grande douleur corporelle.
- Inversement, la puissance de la sérénité est plus grande que la douleur du corps.
- La satisfaction des plaisirs psychiques dépend en dernière instance de la satisfaction des plaisirs du corps.
- Tant que la vie se maintient, la quantité de plaisirs corporels l’emporte sur la mort, donc sur la douleur.
- La douleur ne rend pas impossible le bonheur.
- Sous la douleur, la pensée reste capable de reconnaître le primat du plaisir.
- C'est donc un intellectualisme extrême.
- La pensée des limites du plaisir peut transformer la survie en vie bienheureuse.
- La source ultime du plaisir est moins la satisfaction des plaisirs du corps que la réflexion sur les conditions minimales d’une telle satisfaction.
- La pensée est si forte qu’elle peut transformer un simple pot de fromage en l’objet le plus luxueux.
Activités, vertus, amitiés
- « Les facteurs de plaisirs » sont les types d’activités qui sont la source du bien-être et de la tranquillité, donc de la fin qui est le plaisir.
- Le problème est de savoir si ces activités doivent être considérées comme moyen ou aussi comme fin.
- L’utilitarisme de la doctrine épicurienne les envisage comme moyen d’atteindre le plaisir et non comme fin.
- Cependant, dans plusieurs cas, on peut aussi les envisager comme fin.
- Exemple : la vertu, l’amitié.
- « De tous ce que la sagesse procure pour la félicité de la vie tout entière, le plus important de beaucoup est la possession de l’amitié » (MC 27).
- L’amitié se définit comme une relation de confiance totale.
- Nous sommes toujours dépendants des circonstances, avec les biens matériels, même l’eau et le pain peuvent venir à manquer.
- Seul l’ami nous garantit une complète autarcie, car nous pouvons toujours compter sur lui.
« Ce n'est pas tant l'aide de nos amis qui nous aide que notre confiance dans cette aide. »
- Objection : Puisqu’une amitié exige que l’on puisse sacrifier ses propres buts à ceux de l’autre, comment maintenir que la fin est le plaisir, si l’on entend par là notre propre plaisir ?
- Réponse : c’est que l’amitié, confortée au fil du temps, finit par acquérir une valeur propre (I, 69).
- « Toute amitié est choisie pour elle-même, mais elle tire son origine du bienfait » (SV 23).
- Il semblerait qu’Épicure associe l’amitié à une vertu.
- Il dit à propos de la vertu : « Le plaisir est inséparable des vertus » (DL, X, 138).
- Mais il dit aussi dans une autre perspective : « Les vertus croissent avec la vie de plaisir » (LM,132).
- Donc les vertus seraient des moyens d’atteindre le plaisir et viendraient à force à devenir parties du plaisir (ce qui fait penser à Stuart Mill).
- « Il est impossible de vivre dans le plaisir sans vivre prudemment, noblement et justement, pas plus qu’il n’est possible de vivre prudemment, noblement et justement sans vivre dans le plaisir » (MC5).
- L’inséparabilité des vertus et du plaisir éclaire le cas de l’amitié.
Justice et société
- Épicure adopte la distinction traditionnelle des quatre vertus :
- La sagesse (ou prudence).
- La tempérance.
- Le courage.
- La justice.
- La justice est la seule vertu à être dirigée vers le bien d’autrui (ce qui la rapproche de l’amitié), et aussi la seule à dépendre, en tant que justice sociale, de règles extérieures et d’institutions.
- La justice n’est rien en elle-même, elle est un contrat :
- « La justice n’a jamais rien été en elle-même, elle est une sorte de contrat dans les regroupements mutuels, quelle que soit, en chaque circonstance, l’étendue des lieux, en vue de ne pas infliger de dommage et de ne pas en recevoir » (MC31).
- Donc, à première vue : instrumentalisme éthique, car on adhère au contrat pour les avantages qu’il procure.
- Double avantage :
- Bénéficier de ce que promet le contrat, c’est-à-dire protection de l’intégrité individuelle.
- Garantit la tranquillité en écartant la peur de la sanction.
- Double avantage :
- Mais alors, qu’en est-il de la vertu de justice ?
- En fait, intérêt de la société et intérêt individuel convergent, car il s’agit d’un contrat de non-nuisance réciproque, c’est-à-dire contrat d’utilité.
- La conservation de la vie, c’est la sécurité, c’est la tranquillité, c’est ce que cherche naturellement notre être.
- De plus, le sage épicurien, dont les désirs sont limités au strict nécessaire, n’a aucune raison de transgresser les règles qui visent la protection réciproque.
- Les lois sont faites pour empêcher que le sage ne subisse l’injustice.
- Quand justice légale et justice éthique ne coïncident pas, il faut effectuer un calcul prudentiel entre la peur résultante de l’insubordination aux lois et le renoncement à la vertu (et donc au plaisir) résultant de l’injustice qu’on accepte.
- Ce calcul prudentiel, c’est l’utilitarisme d’Épicure.
Liberté
La liberté épicurienne se comprend à partir de l’atomisme et de la thérapeutique de l’âme.
- La vie épicurienne est un idéal d’autonomie, de force et de liberté.
- Épicure est sur ce point proche des stoïciens : il nous faut être maîtres de notre vie et responsables de nos actes.
- Épicure reproche aux stoïciens de n’avoir pas pu donner un sens au blâme et à la louange, qui tous deux supposent que nos actes puissent nous être imputés, donc contredisent le destin.
- Il leur reproche aussi de n’avoir pu donner un sens à l’argumentation qui suppose que le partenaire puisse changer d’avis : cela aussi contredit le destin.
- Le fondement de la doctrine morale d’Épicure se passe des divinités : il fonde sa pensée sur la logique de la connaissance par les sens.
- Son concept « connaturel » est de même principe originel que la nature : proche de la biologie moderne.
- L’atomisme : c'est un indéterminisme et un antifinalisme.
- L’initiative pour l’homme est de s’attacher à connaître des certitudes propres à calmer les inquiétudes de l’âme.
- Mais est-ce là une véritable liberté ?
- L’homme ne peut pas influencer les dieux par la prière, mais il peut vivre sa vie d’une façon agréable dans l’équilibre physique et moral, ou d’une façon déplaisante en se livrant à des excès qui le feront souffrir pour rien, voire même le détruiront.
- Ce n’est donc pas un bonheur exaltant pour l’imagination, cependant cette sagesse veut fonder le comportement moral et social sur et seulement sur ce que nous pouvons connaître des choses et de nous.
- Cela permet la création de valeurs universelles, car tous les êtres cherchent leur équilibre entre « choix » et « rejet ».
- La pensée d’Épicure est donc une pensée qui réunit, à la différence des religions qui divisent.
- La liberté épicurienne est une liberté par soi, pour soi.
- Se libérer de ses peurs permet d’atteindre l’ataraxie (sérénité parfaite de l’âme).
- On retrouve le caractère de la « spiritualité ».
- La liberté c’est se libérer.
- La philosophie est une libération.
- La condition de la liberté est donc l’absence de peur.
- La philosophie épicurienne est une action et une énergie procurant par raisonnement la vie bienheureuse.
- « Il faut rire et ensemble philosopher, et user de toutes les autres choses qui nous sont propres, et ne jamais cesser de proclamer les maximes de la droite philosophie » (Sentence vaticane).
- Le discours du philosophe a comme but de soigner les affections de l’âme.
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La liberté selon Épicure - J.-M. Guyau (1878)
Résumé abrégé par César Valentine
© César Valentine, 2021. Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation.
Jean-Marie Guyau (1854-1888) était un philosophe et poète français, souvent qualifié de « Nietzsche français ». Il a été fortement influencé par l’épicurisme, le stoïcisme, Kant, Darwin. Son œuvre majeure, Esquisse d’une morale sans obligation ni sanction, propose une morale fondée non pas sur le devoir ou la sanction, mais sur la vie, le plaisir et la libre responsabilité. Guyau cherche à montrer que la morale peut exister sans coercition extérieure, et que l’individu trouve dans ses propres choix la source d’une éthique authentique.
- Les 2 idées qui troublent l’âme :
- Croyance à des dieux agissants sur le monde et l’homme.
- Croyance en une nécessité universelle régissant la nature, c’est-à-dire destin, c’est-à-dire asservissement.
- Croire au destin revient à se supprimer soi-même.
- Pour Épicure, l’homme est libre. Il a naturellement en lui-même une puissance spontanée d’où dérive ses mouvements.
- La liberté est notre pouvoir sur nous-mêmes.
- Nous distinguons en nous-mêmes deux sortes de mouvements :
- Le mouvement contraint : celui que l’on subit de l’extérieur.
- Le mouvement spontané : la volonté peut ramener au repos le corps poussé par l’extérieur.
- Le pouvoir qui est en nous a sa cause dans les atomes. Les atomes portent en eux la puissance de se mouvoir.
- Il y a trois causes de mouvement de plus en plus profondes :
- Le choc : extérieur et fatal.
- La pesanteur : intérieure et fatale.
- La volonté : intérieure et libre.
- La volonté a le pouvoir de faire décliner le mouvement de la fatalité. La volonté, c'est le pouvoir de s’incliner soi-même au mouvement (clinamen : déclinaison atomique, infime déviation spontanée rendant possible la liberté).
- Les atomes descendent solitaires dans le vide en vertu de la pesanteur.
- Si la nécessité seule avait imprimé le mouvement aux atomes, le monde n’aurait pas pu naître.
- La nécessité est inféconde : c’est donc une autre cause que le choc et la pesanteur (le poids) qui est aussi au cœur des atomes.
- Ce qui est au cœur des atomes, c'est la volonté.
- Par la volonté, l’atome s’arrache à la solitude et crée l’univers.
- Avec la nécessité seule il régnerait un chaos d’atomes tombant dans le vide.
- Donc se mouvoir par soi-même, c’est vivre.
- Donc ce n’est pas une intelligence qui a créé l’univers : c'est la liberté
- L’espace est infini, les atomes sont infinis, le temps est infini.
- L’infini (donc les trois infinis) est la garantie de la liberté humaine et de la spontanéité des choses.
- Les Épicuriens combattent deux idées :
- Le merveilleux miraculeux de la divinité.
- Le merveilleux miraculeux de la nécessité.
- Ils veulent supprimer ces deux puissances.
- Donc introduire assez de régularité dans les phénomènes pour supprimer le miracle, et assez de spontanéité pour que la nécessité ne soit pas absolue.
- Contre le miracle :
- Les atomes sont différents et possèdent chacun leurs formes.
- Pour former un corps, ils doivent se réunir entre atomes de nature analogue.
- Les corps se forment donc lentement : ils ne rencontrent pas les atomes d’un coup.
- Le temps est la condition et le facteur du développement des êtres.
- Les choses prennent du temps, rien ne surgit d’un coup comme par magie.
- Cependant, il y a de la spontanéité.
- C’est le pouvoir de décliner de l’atome.
- Ce pouvoir continue à être effectif même après la création de l’univers.
- Tous les jours, les hommes se servent de ce pouvoir.
- Il y a deux conditions au miracle :
- Existence de puissances en dehors de la nature.
- Que les puissances aient un pouvoir suffisant pour modifier les phénomènes.
- Au contraire, la spontanéité des atomes est un pouvoir placé dans les êtres mêmes.
- Ce pouvoir ne s’applique que sur un seul mouvement.
- Les mouvements spontanés ont des résultats à la longue, en s’accumulant, et en créant de nouvelles combinaisons.
- La spontanéité complète la nature, elle l’empêche d’être un pur mécanisme incapable du mieux.
- Épicure veut aussi détruire le déterminisme logique :
- Il veut renverser l’axiome qui prétend que de deux propositions contradictoires, l’une est vraie et l’autre fausse.
- Si elles portent sur un événement futur, aucune des deux n’est vraie.
- Car si l’une était vraie, on pourrait prévoir le libre arbitre, ce qui le supprimerait.
- Il veut renverser l’axiome qui prétend que de deux propositions contradictoires, l’une est vraie et l’autre fausse.
- De même, l’avenir ne peut être lu, il est indéterminé : il n’y a donc pas de fatalité.
- Hasard dans la nature / Liberté dans l’homme
- Le hasard ne se fait pas sans cause, car rien ne se fait sans cause.
- Le hasard n’est pas non plus la liberté même.
- Le hasard est extérieur, la liberté est intérieure.
- Le hasard est une manière dont les choses se manifestent à nous : l’imprévu.
- Mais l’imprévu est le résultat d’une cause qui se cache derrière le hasard.
- Cette cause, fond de la réalité, c’est la spontanéité du mouvement que possède l’atome (le clinamen : la liberté de l'atome)
- Le hasard est la forme sous laquelle cette spontanéité se révèle à nous.
- Ce qui constitue l’homme, c’est son pouvoir sur lui-même et la liberté du vouloir et du mouvoir.
- Donc liberté et hasard sont les deux modes de la spontanéité des atomes.
- Face au hasard hostile, mais qui laisse aussi place à l’espérance comparée au destin, il faut compter sur soi et sur ce qui dépend de soi.
- Puisqu’il n’y a pas de destin, la nature ne peut pas nous dominer ; c’est nous qui devons la dominer par notre volonté, car la puissance du hasard, nous la portons en nous-mêmes.
- La liberté du sage est supérieure au hasard.
- Si un mal lui arrive, il l’évitera en déclinant, en écartant volontairement sa pensée et sa volonté, ou en sortant du monde, et, s’il le faut, par le suicide.
- Toutes les sensations que le temps donne au sage, ce dernier s’en empare par le souvenir : le passé est sans regret, le présent sans peine, l’avenir sans crainte.
- Mais bien plus, le sage est reconnaissant envers son passé, car sa mémoire lui donne toutes les jouissances du passé, et sa volonté et le temps lui retranchent toutes les douleurs.
- L’épicurien peut donc se retrancher en lui-même, dans les bons souvenirs de sa mémoire, pour résister aux difficultés et être heureux.
- La liberté de l’homme dans la conception épicurienne a comme originalité la solidarité entre l’homme et le monde.
- Tous deux partagent comme fond la même réalité : l’atome qui a le pouvoir de décliner.
- Aujourd’hui, nous imaginons plutôt la liberté comme un pouvoir exclusivement humain face à la nécessité du monde.
- Pour Épicure, notre liberté vient de la nature, car si nous avons des mouvements spontanés, c’est que dans tous mouvements, il doit y avoir quelque spontanéité.
- La matière n’est pas inerte : dynamisme.
- Tout est dans tout.
- Donc la liberté est partout (sous la forme du déclinement).

